Le don de l'espoir
L'établissement français du sang (EFS) lance une campagne de recrutement de donneurs de plaquettes. En effet, cette forme de don reste possible malgré l'épidémie de chikungunya.
Un des dommages collatéraux de la crise du chikungunya est l'arrêt de la collecte du sang. Le risque de contamination étant trop élevé, l'EFS a préféré stopper les dons, le spectre de l'affaire du sang contaminé hante encore les esprits, et en matière de don du sang le principe de précaution est devenu incontournable. L'arrêt de la campagne de don a eu plusieurs effets. D'une part il a fallu organiser d'urgence un pont aérien avec la métropole pour réapprovisionner les hôpitaux en poches de sang. D'autre part l'approvisionnement en plaquettes est devenu impossible, en effet les donneurs de plaquettes sont recrutés parmi les donneurs de sang. De plus, les poches de plaquettes sont très difficiles à transporter, et ne peuvent pas être conservées plus de 4 à 5 jours après avoir été prélevées.
ESSENTIELLES POUR LA COAGULATION
Par ailleurs les plaquettes sont essentielles dans le système de coagulation du sang, et si elles viennent à manquer dans l'organisme les risques d'hémorragie augmentent, une telle pathologie peut être une cause de décès. “Un patient atteint d'un cancer est traité par chimiothérapie pour détruire les cellules cancéreuses, malheureusement le traitement détruit aussi les plaquettes, et par conséquent cela augmente la possibilité d'un accident hémorragique mortel, c'est pourquoi il est impératif de pouvoir disposer de poches de plaquettes” explique le docteur Patrice Rasongles, président de l'EFS à la Réunion. Le caractère indispensable du don de plaquettes, Stéphanie Fugain l'a compris depuis longtemps, et elle lutte pour sensibiliser la population sur ce sujet. Laurette-Fugain, c'est le nom de son association, mais surtout celui de sa fille décédée d'une leucémie. “Lorsque ma fille était traitée par chimiothérapie, je me suis rendue compte de l'importance des plaquettes. Le don de plaquettes est trop méconnu, il faut faire savoir à tout le monde que, comme le don du sang, il peut sauver des vies”, témoigne celle qui depuis des années se bat contre la leucémie. La vie de nombreux malades réunionnais dépend donc des transfusions de plaquettes qu'ils reçoivent, mais avec l'arrêt des campagnes de don dû à l'épidémie de chikungunya, il a fallu trouver une solution d'urgence. Grâce à un procédé américain importé testé avec succès, l'EFS est aujourd'hui en mesure de reprendre la collecte des plaquettes. Aucun risque de transmission du chikungunya n'est à craindre, le virus étant éliminé grâce à une manipulation technique et scientifique de pointe, les prélèvements ainsi obtenus sont même de meilleure qualité.
RECRUTER DE NOUVEAUX DONNEURS
Reste maintenant à recruter de nouveaux donneurs et à faire passer le message. C'est le but de la campagne soutenue par l'association Laurette-Fugain et dont la marraine sur le plan local est l'humoriste Marie-Alice Sinaman. “Il ne faut pas attendre d'être touché soit même par la maladie pour se mobiliser, c'est le message qu'il faut faire passer, le don peut sauver des vies” plaide la comédienne, qui est elle même donneuse de plaquettes. Une campagne de presse, des spots télé, la mobilisation de SFR, mais aussi d'artistes métropolitains comme Mauranne, l'EFS met le paquet pour répondre aux besoins des malades. À la Réunion on estime la “demande” à 40 poches de plaquettes par semaine. Adrien Lecomte
Pour contacter l'établissement français du sang, un texto au 337 suffit, ou le 02 62 90 53 81 depuis un fixe. La procédure de don de plaquettes est plus complexe que pour un don du sang et nécessite plus de temps et d'investissement.